En Belgique, la question des langues se pose dès la conception d'un site web. Un client à Gand, un partenaire à Liège, un prospect à Bruxelles ou un acheteur aux Pays-Bas ne lisent pas forcément la même langue. Pour une PME, un site multilingue peut ouvrir de nouveaux marchés, mais il peut aussi devenir un casse-tête s'il est mal préparé. Voici les principes à connaître pour réussir un site en français, en néerlandais et, si nécessaire, en anglais.
Quelles langues proposer réellement ?
La tentation est grande de proposer toutes les langues « au cas où ». Mieux vaut partir de votre clientèle réelle et de vos ambitions :
- Vous travaillez surtout en Wallonie ou à Bruxelles : le français est indispensable ; le néerlandais devient utile dès que vous ciblez des clients bruxellois néerlandophones ou flamands.
- Vous visez tout le pays : une version néerlandaise de qualité est quasi incontournable. Un prospect flamand qui ne trouve qu'un site en français ira souvent voir ailleurs.
- Vous travaillez avec des expatriés, des institutions européennes ou l'international : l'anglais prend tout son sens.
- Votre zone inclut l'Est du pays : l'allemand peut être pertinent dans certains secteurs.
Une règle simple : chaque langue ajoutée doit pouvoir être maintenue. Une version néerlandaise abandonnée depuis deux ans, avec des tarifs ou des services obsolètes, nuit davantage à votre image que l'absence de traduction.
Traduire, adapter, rédiger : trois approches
Les outils de traduction automatique ont beaucoup progressé, mais un texte simplement traduit sans relecture se repère vite : tournures maladroites, termes métiers incorrects, ton inadapté. Pour une entreprise, cela peut donner une impression de manque de sérieux.
Nous recommandons de distinguer :
- la traduction relue pour les pages institutionnelles et légales, où la fidélité au texte d'origine compte ;
- l'adaptation pour les pages commerciales : les arguments, exemples et expressions doivent parler au public visé ;
- la rédaction native pour les contenus stratégiques ou le blog, lorsque vous avez accès à un rédacteur de la langue cible.
Pensez aussi au vocabulaire belge : le néerlandais de Flandre et celui des Pays-Bas présentent des différences, tout comme certains usages du français de Belgique. Un relecteur qui connaît votre marché fait toute la différence.
Structurer le site pour les visiteurs et pour Google
Un site multilingue doit être organisé de façon claire. La structure la plus courante et la plus simple pour une PME consiste à placer chaque langue dans un sous-répertoire du même domaine, par exemple /fr/, /nl/ et /en/. Cela permet de concentrer l'autorité de votre nom de domaine .be tout en séparant proprement les versions.
Quelques bonnes pratiques techniques :
- utiliser les balises hreflang pour indiquer aux moteurs de recherche quelle page correspond à quelle langue ;
- traduire aussi les URL, les titres de page et les méta-descriptions, pas seulement le texte visible ;
- proposer un sélecteur de langue visible, qui renvoie vers la page équivalente et non vers l'accueil ;
- éviter la redirection automatique forcée selon la langue du navigateur : laissez le choix au visiteur ;
- déclarer correctement la langue de chaque page dans le code HTML.
Le référencement multilingue : chaque langue est un marché
On ne cherche pas de la même façon en français et en néerlandais. Les mots-clés ne sont pas de simples traductions : un « devis toiture » ne se recherche pas forcément avec l'équivalent littéral en néerlandais. Il est utile de faire une petite recherche de mots-clés pour chaque langue, d'observer les concurrents locaux et d'adapter les contenus en conséquence.
Votre fiche Google Business Profile, vos annuaires et vos réseaux sociaux doivent aussi refléter vos langues de travail. Et si vous publiez des articles de blog, mieux vaut moins d'articles bien adaptés qu'une traduction systématique et approximative de tout le contenu. Nos services de visibilité et marketing digital peuvent vous aider à définir ces priorités par langue.
N'oubliez pas les éléments « invisibles »
Un site multilingue complet ne s'arrête pas aux pages principales. Pensez à traduire :
- les formulaires, messages d'erreur et confirmations d'envoi ;
- la bannière de cookies et la politique de confidentialité ;
- les mentions légales et conditions générales ;
- les e-mails automatiques envoyés après une demande ou une commande ;
- les textes alternatifs des images et les documents téléchargeables.
Prévoyez enfin l'organisation interne : qui répond aux demandes en néerlandais ou en anglais ? Un site qui attire des contacts dans une langue que personne ne parle dans l'équipe crée de la frustration des deux côtés.
Un site multilingue bien pensé est un véritable atout dans le contexte belge. Pour l'intégrer dès le départ dans votre projet, consultez notre page consacrée à la création de site web.